OEUVRES - 2025/2026

FIGER SANS FIGER - 2025

Figer sans figer est une installation sculpturale et immersive qui s’inscrit dans la série Cartographie du vivant. L’oeuvre prend la forme d’une plaque de résine de grande épaisseur, évoquant une coupe de mer profonde : un volume dense, stratifié, dans lequel des fleurs stabilisées apparaissent immergées, émergentes ou suspendues à la surface, comme retenues dans un état intermédiaire.

Figer sans figer explore la suspension d’un cycle du vivant sans en effacer la dynamique. Sous la forme de volumes de résine stratifiés — horizontaux ou verticaux — des végétaux stabilisés apparaissent immergés, retenus dans un état intermédiaire : ni totalement vivants, ni totalement morts. La résine n’achève pas la transformation ; elle en suspend le processus. Le dispositif rend perceptible ce moment où un cycle écologique est interrompu sans disparaître. Ce qui est maintenu n’est pas une image du vivant, mais une transformation sous tension.

Figer sans figer propose ainsi un espace de réflexion silencieuse. Une oeuvre sans mouvement visible, mais traversée par le temps. Un lieu où le vivant n’est pas montré en action, mais maintenu dans une attente perceptive, invitant le spectateur à habiter la lenteur, la profondeur et le seuil. 

DERNIER ARRÊT DU VIVANT - 2025

La série Bocaux TC (culture tissulaire) explore l’encapsulation d’un fragment végétal issu des circuits contemporains de reproduction et de diffusion du vivant. Chaque bocal isole une plante dans un environnement contrôlé, renvoyant aux dispositifs scientifiques de multiplication végétale. Le geste ne vise pas la conservation, mais la mise en tension : le vivant est préservé tout en étant dissocié de ses interdépendances écologiques. Présentés à l’unité ou en répétition sérielle, les bocaux rendent visibles les logiques de standardisation et de rationalisation du vivant. L’individuel subsiste, mais s’inscrit dans un système qui l’homogénéise. Ce qui est encapsulé n’est pas seulement une plante. C’est une trajectoire relationnelle suspendue.

BONBONS - 2026

Bonbons prend pour point de départ l’histoire matérielle et politique du sucre : une plante cultivée, déplacée, extraite, raffinée, puis transformée en objet de plaisir. De la canne à sucre aux édulcorants de synthèse, le sucre suit une trajectoire mondiale indissociable de la colonisation, de la mise en plantation des territoires, de l’exploitation des corps et de la monoculture imposée.

Raffiné, blanchi, standardisé, le sucre perd progressivement toute relation visible au vivant. Il devient une matière abstraite, reproductible, détachée de son origine végétale comme de son histoire coloniale.

Encapsulé en résine, il apparaît sous la forme d’un objet séduisant, coloré, immédiatement désirable. Cette attractivité masque la violence des systèmes d’extraction et de standardisation qui l’ont produit.

La série interroge la transformation du vivant en matière abstraite, reproductible et détachée de son origine.

Le bonbon devient le simulacre d’une douceur dont les conditions d’émergence ont été effacées.