Ontologie Relationnelle Radicale (ORR)

Hypothèse fondamentale

 

La relation ne relie pas.

Elle produit.

L'Ontologie Relationnelle Radicale (ORR) repose sur une hypothèse fondamentale : les relations ne sont pas secondaires aux êtres. Elles constituent les conditions mêmes de leur apparition, de leur transformation et de leur persistance.

Les êtres, les sociétés, les institutions, les cultures, les techniques et les écosystèmes ne préexistent pas aux relations qui les relient. Ils émergent à travers elles.

L'ORR propose ainsi un déplacement du regard : ne plus partir des entités pour comprendre leurs relations, mais partir des relations pour comprendre l'émergence des entités.

 

Le renversement ontologique

Une grande partie de la pensée moderne considère les entités comme premières et les relations comme secondaires.

Les individus existeraient d'abord ; les relations viendraient ensuite.

L'ORR propose l'inverse.

Les relations ne sont pas des liens ajoutés à des êtres déjà constitués. Elles participent à leur venue à l'existence. Toute forme d'existence apparaît au sein d'un tissu relationnel dont elle demeure dépendante.

La relation n'est pas ce qui relie des réalités séparées.

Elle est ce qui les produit.

 

Le vivant global

Le vivant global désigne le tissu relationnel dans lequel toute forme d'existence apparaît, se transforme, se maintient ou disparaît.

L'être humain n'est pas extérieur à ce vivant. Il en constitue une expression provisoire parmi d'autres.

Le vivant global ne désigne donc pas la nature opposée à l'humanité. Il désigne le champ relationnel commun dont humains, animaux, végétaux, techniques, cultures et sociétés participent simultanément.

 

Les formes relationnelles

Dans cette perspective, les êtres ne sont pas des substances autonomes mais des formes relationnelles temporairement stabilisées.

Un organisme, une forêt, une société, une institution ou une économie peuvent être compris comme des configurations relationnelles particulières.

Leur stabilité n'est jamais absolue. Elle résulte d'un équilibre toujours provisoire entre les relations qui les constituent.

 

Une écologie perceptive

L'ORR est également une écologie perceptive.

Elle propose d'apprendre à percevoir le monde non comme un ensemble d'objets séparés mais comme un tissu d'interdépendances en perpétuelle transformation.

Cette approche conduit à interroger les mécanismes de domination, les logiques d'extraction, les crises écologiques et les formes contemporaines d'inhabitabilité comme des perturbations relationnelles affectant le vivant global.

 

Conséquences théoriques

L'ORR constitue le cadre théorique à partir duquel se développent plusieurs axes de recherche :

  • l'Habitabilité ;
  • l'Habitabilité cognitive ;
  • l'Écosociété ;
  • l'Écocroissance ;
  • l'analyse relationnelle des mécanismes de domination ;
  • l'étude des conditions relationnelles du vivant global.

Ces développements ne constituent pas des champs séparés mais différentes expressions d'une même interrogation : quelles relations rendent le monde habitable ?

 

Une théorie en construction

L'ORR demeure une recherche ouverte.

Elle ne constitue pas un système clos mais un cadre d'exploration destiné à comprendre les conditions relationnelles de l'existence humaine et non humaine dans un monde en transformation.