Ontologie Relationnelle Radicale (ORR)
L’Ontologie Relationnelle Radicale (ORR) s’inscrit dans le prolongement des approches relationnelles développées en philosophie du processus et en anthropologie du vivant, notamment chez Alfred North Whitehead et Philippe Descola. Elle dialogue également avec les pensées de Gilles Deleuze et de Maurice Merleau-Ponty, ainsi qu’avec certaines traditions de pensée chinoise, qui envisagent le réel comme un ensemble de dynamiques en transformation plutôt que comme un système d’entités fixes.
L’ORR en propose une radicalisation : la relation n’y est pas un simple cadre d’interaction, mais la dynamique même par laquelle les formes émergent, se stabilisent et se transforment. Elle ne relie pas des entités préexistantes — elle les produit.
Ce déplacement implique de ne plus penser les entités comme premières, mais comme des effets de relations.
Les formes du réel — matérielles, sociales, économiques — sont ainsi comprises comme des stabilisations temporaires de relations en mouvement. Ce déplacement implique de reconfigurer les modes d’analyse du contemporain, en portant l’attention non plus sur les objets isolés, mais sur les dynamiques relationnelles qui les rendent possibles.
L’ORR se distingue enfin par une dimension perceptive et opératoire : elle ne se limite pas à une formalisation conceptuelle, mais vise à rendre les relations visibles et à en expérimenter les effets, notamment à travers une pratique artistique et une réflexion sur les systèmes du vivant.
Apports spécifiques de l’ORR
L’ORR ne se contente pas de prolonger les ontologies relationnelles existantes. Elle en propose un déplacement vers une approche à la fois productive, perceptive et opératoire.
1. Une ontologie productive des formes
L’ORR affirme que la relation ne constitue pas seulement le cadre de l’être, mais qu’elle en est la dynamique productive.
Les formes — qu’elles soient matérielles, sociales ou économiques — sont comprises comme des stabilisations temporaires de relations en mouvement.
2. Une approche perceptive du réel
L’ORR introduit une dimension perceptive en proposant de rendre visibles des relations habituellement imperceptibles.
Elle engage ainsi une attention aux dynamiques relationnelles à l’œuvre dans les environnements contemporains, au-delà des seules catégories conceptuelles.
3. Une ontologie opératoire et transversale
L’ORR ne se limite pas à une élaboration théorique.
Elle se déploie comme une pratique, articulant réflexion philosophique, dispositifs artistiques et analyse des systèmes économiques, notamment à travers le concept d’Écocroissance.
Elle constitue ainsi un outil d’analyse et d’expérimentation des formes contemporaines.